DevOps, l’apogée de l’Agilité?

Article publié précédemment sur ExcellenceAgile.com

On parle beaucoup de DevOps ces temps-ci. Mais est-ce qu’on saisit bien toute sa définition et les impacts de son implantation au sein d’un organisme ou une entreprise? Commençons par bien définir le DevOps pour avoir une meilleure perspective que le simple « buzzword ».

Au premier abord, on peut penser que faire du DevOps, c’est tout simplement une histoire d’outils:

Devops_Outils

Euh, mais non. Bien que certains outils soient nécessaires pour automatiser les aspects de notre livraison en continu, il y a bien plus que cela en jeu. Le fait de choisir des outils, de les l’installer, de les configurer et de s’en servir ne veut pas nécessairement dire qu’on fait du DevOps. Donc:

Devops_pas_outils

Poursuivons notre analyse. Si les outils ne règlent pas tout, j’imagine qu’il faut y mettre un peu de collaboration. La collaboration usuelle à laquelle on pourrait facilement penser est bien sûr la suivante:

devops_dev_op

Tout à fait d’accord avec ceci! D’ailleurs, il faut faire attention si on travaille actuellement en silos (développement et opération) de ne pas répéter la même chose avec DevOps en la mettant elle aussi dans un silo. On n’a pas besoin d’une troisième équipe qui fonctionne ainsi, n’est-ce pas? On a besoin davantage d’unir les forces de l’équipe de développement et de celles des opérations (environnement, sécurité, livraisons, mise en production, etc) afin de plutôt en faire une équipe qui s’entraide mutuellement. Bref, on veut que tout le monde se préoccupe des livraisons en production.

Par contre, je vais être déplaisant et poser ma question de coach:

C’est bon, vous voulez livrer en continu, mais pourquoi? Cela donne de la valeur à qui en bout de compte?

Oups, il nous manque une partie importante dans notre équation! Donc:

devops_pas_dev_op

La partie affaires (utilisateurs, pilotage, PO, analyste d’affaires) doit aussi être incluse dans notre équation DevOps, ce qui équivaut à représenter le DevOps ainsi:

devops

Il manque ainsi une bonne partie de l’équation si on fait du DevOps sans se préoccuper du côté affaires, avec des éléments tels que:

Les affaires, le développement et les opérations ont tous à la base des objectifs différents:

  • Développement: livraison d’incrément du produit;
  • Opérations: stabilité, fiabilité et sécurité;
  • Affaires: exigences en constante évolution pour obtenir de meilleurs produits et des clients contents.

Le DevOps devrait donc permettre d’aligner ensemble les objectifs de ces trois aspects.

De plus, je vais être à nouveau déplaisant, mais sans l’aspect des tests automatisés, il est très difficile, voire impossible, de faire du DevOps convenablement.  Eh oui, il est temps de vous réveiller si vous ne faites actuellement aucuns tests automatisés sur vos systèmes ! Et idéalement, il faut les faire AVANT le code en mode TDD (Test-Driven Development).  Cela vous permettra de clarifier les intentions et diriger les efforts avant d’écrire le code de production.

Pour faire des tests automatisés correctement, des approches Agile et un paquet de pratiques d’ingénierie Agile sont aussi très utiles.

Et si on voyait le DevOps comme l’apogée de l’Agilité, soit la poursuite logique de notre transition vers l’Agilité par la maîtrise des approches Agile, qui sont sensés pour nous dans notre contexte, afin de pouvoir livrer en continu? Bref, voir le tout comme un rassemblement de forces (ou pratiques) Agile nous poussant vers le DevOps!

Eh oui, le DevOps est probablement l’objectif ultime à atteindre! Avec lui, on relève toutes sortes de points à améliorer, pas juste au niveau de l’équipe de développement. C’est comme de l’amélioration continue au niveau de l’entreprise ou organisme au complet.

Et la beauté dans tout cela, c’est qu’on a pas besoin de maîtriser toutes les nombreuses pratiques Agile, les valeurs, le Lean Software Development et le Lean Startup pour faire du DevOps. Pas non plus obligé de se développer comme les Amazon et Netflix de ce monde avec leurs méga infrastructures. On peut y aller à petits pas, comme mentionné par Kent Beck dans son XP Programming. Voici quelques exemples:

  • Passer de 2 à 4 livraisons par année est un objectif très louable;
  • Automatiser graduellement les trucs effectués manuellement pour gagner continuellement en productivité;
  • Se bâtir une suite de tests automatisés sur nos composants de logique d’affaires;
  • Etc.

En fin de compte, il vaut probablement mieux évoluer vers de petites livraisons avec peu de changement que de grosses livraisons avec beaucoup de modifications et de risques.  On peut donc y voir ici un très bon ROI potentiel si on investit dans le DevOps.

devops2

Quand on implante DevOps, il ne faut pas oublier de voir à pouvoir se remettre d’une mauvaise mise en production rapidement. Il faut ainsi permettre des erreurs dans un environnement sécuritaire pour apprendre et arrêter de faire tout le temps les mêmes choses à chaque mise en production sans se remettre en question.

Il est fort probable qu’un changement de culture soit également nécessaire dans votre entreprise. Mais rien n’est impossible, même chez vous, peu importe le contexte. On peut trouver plusieurs exemples d’entreprises qui ont mis des applications Legacy dans un mode DevOps, notamment afin de les revitaliser.

J’espère que cet article a su démystifier le « buzzword » DevOps qu’on entend régulièrement de nos jours.

Références:

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Notes de lecture : Lean Change Management

Article publié précédemment sur ExcellenceAgile.com

leanchangemanagementNous avons beau avoir de bonnes intentions, être passionnés d’Agilité et dévoués à nos clients, mais l’humain étant ce qu’il est, il est fort difficile de prévoir comment il peut changer !

Comme dans tout bon projet informatique, on ne peut donc pas tout prévoir en détails la planification de la gestion du changement. Pour surpasser les résistances et obtenir des implémentations de changement avec succès, on doit donc adapter les techniques traditionnelles de gestion du changement en y mettant un peu d’Agilité et du « lean ».

On ne peut pas tout savoir ou prévoir au départ et il nous faut l’accepter. On doit donc se baser sur les principes et valeurs Agiles pour guider nos actions dans le changement.

C’est le sujet principal du livre « Lean Change Management – Innovative Practices for Managing Organizational Change » dont je vais vous parler aujourd’hui.

Son auteur, Jason Little, est un canadien, ancien développeur et maintenant conseiller en gestion du changement, il a mis à l’épreuve les différentes techniques décrites dans son livre pour une organisation publique canadienne.

Bien que ce soit un petit livre, il fait un peu moins de 200 pages, ce dernier est quand même rempli de processus, frameworks, conseils et autres outils pertinents pour une gestion du changement « lean » et Agile. Tout cela s’articule autour du cycle intitulé « Lean Change Management » que voici :

lean-change-cycle

En gros, voici ce que veut dire chaque étape traduite librement en français:

  • Aperçus (Insights): Comprendre l’état actuel des choses dans l’organisation. Pour collecter cette information, il y a plusieurs méthodes et outils tels que : sondages, entretiens, rétrospectives, etc. Une fois toutes ces informations recueillies, il faut les analyser dans sa vue globale et voir les options à essayer.
  • Options: Les options à mettre en action ont toutes un coût, une valeur et un impact. Prendre celles qui font le plus de sens dans le contexte actuel afin de valider les hypothèses émises.
  • Expérimentations: Introduire un changement via une option et voir comment il en résulte. Cette étape a aussi le sous-cycle suivant :
    • Préparation: Préparer à valider nos hypothèses et notre approche avec les personnes affectées par le changement.
    • Introduction : Le changement est introduit dans le processus.
    • Révision : On regarde les résultats après un certain temps. Selon ce qui s’est passé, on peut prévoir un autre cycle d’expérimentation.

Dans les premiers chapitres du livre, on introduit rapidement le cycle et ses origines. Pour le reste du livre, on décrit en détails chacune des étapes du cycle avec, bien entendu, les commentaires et l’expérience vécue de l’auteur. Ce qui en fait un livre captivant et intéressant à lire. Lors de sa lecture, il nous arrive de prendre note de plusieurs éléments et conseils qui pourront nous servir en tant que coach Agile. Tout ceci est valable autant pour des changements de processus que pour l’adoption de nouvelles techniques telles que le TDD. Un « must » donc à lire pour tout coach Agile impliqué dans une transformation Agile.

En résumé, voici mes trois leçons apprises suite à cette lecture:

  • Utiliser un cycle basé sur le feedback pour mesurer le changement.
  • Impliquer les gens affectés par le changement dans la conception du changement.
  • Bien mesurer nos options. Chacune d’entre elles a un coût, une valeur et des impacts.

Références :

Quelques lectures gratuites

J’ai fait quelques lectures intéressantes dans le dernier mois et je voulais vous en parler. Les petits documents mentionnés dans le tableau plus bas sont à mi-chemin entre un article et un petit e-book. Donc, assez facile à lire.  Les trois couvrent des sujets totalement différents, mais qui peuvent intéresser plusieurs. De plus, ils sont tous gratuits et téléchargeables. Les voici donc:

Getting Started with Kanban par Paul Kipp

Get started with Kanban, a free eBook by Paul Klipp

Petit document qui résume bien ce qu’est l’outil ou la technique Kanban. Utile si vous ne connaissez rien au Kanban ou pour le résumer à quelqu’un d’autre.Issue de la méthodologie « Lean », le Kanban peut être appliqué dans plusieurs domaines: informatique, ingénierie, vente, tâches familiales, études, gestion, etc.

En gros, le Kanban consiste à suivre les 3 règles suivantes:

  • Visualize Workflow
  • Limit Work in Progress (WIP)
  • Measure and Improve Flow

 

The New Time Management

par Francis Wade

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Intéressante lecture qui nous suggère de revoir les 7 principes fondamentaux de la gestion du temps. Malgré les outils et techniques, si on ne maîtrise et si on ne pratique pas la base, on risque d’être davantage stressé et plus ou moins productif.L’auteur mentionne qu’il est normal d’essayer de nouvelles techniques, de se mesurer et de s’ajuster régulièrement. Tout cela dans le but de trouver la bonne solution selon notre style de vie professionnelle et personnelle.

Donc, pas de recette unique pour tout le monde.

The Accountability Effect

par Basam Tarazi

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Introspection pertinente sur qui nous sommes, nos buts dans la vie et l’importance de prendre soin de nous même. Sinon, la vie passe vite et on risque d’accumuler plusieurs regrets.Aucun « timming » n’est parfait pour faire les choses dont on parle souvent. L’auteur nous montre ce qu’il faut être « présent » et prendre les responsabilités de nos actions ou le manque de celles-ci.

Lecture très intéressante qui amène des réflexions que nous n’avons malheureusement pas assez souvent.

 

Bonne Lecture !

 

C’est quoi un Lean Startup ?

En gros, c’est un mélange de développement Lean et Agile avec une bonne dose d’entrepreneurship. Le but est d’éviter le plus possible de faire du gaspillage  et de livrer un produit innovateur avec succès. On y dénote les principes suivants:

  • Les entrepreneurs sont partout (Entrepreneurs are Everywhere)
  • L’entrepreneurship c’est aussi de la gestion (Entrepeneurship is Management)
  • L’Apprentissage est validé (Validated Learning)
  • L’innovation doit être comptabilisée (Innovation Accounting)
  • Construire-Mesurer-Apprendre (Build-Mesure-Learn)

Eric Ries est à l’origine de ce terme et il en parle depuis quelque temps. Je trouve sa démarche forte intéressante et cela m’a incité à me tenir informer sur ce sujet. En passant, le concept de Lean Startup peut aussi bien être appliqué à l’intérieur d’une compagnie existante que pour une entreprise en démarrage. Pour en savoir davantage sur Eric Ries, je vous recommande le vidéo suivant d’une de ses conférences qu’il a données récemment :

 

D’ailleurs, son livre sur le Lean Startup sera publié en septembre. J’aime beaucoup le graphique suivant qui montre le cycle de développement dans un Lean Startup:

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On peut aussi se poser la question suivante, en quoi le Lean Startup est différent du développement Agile ? Le tableau suivant  de Joshua Kerievsky résume fort bien les différences et les similitudes entre le développement Agile et le Lean Startup:

Agile Lean Startup
Product Roadmap Business Model Canvas
Product Vision Product Market Fit
Release Plan Minimal Viable Product
Sprint Kanban
Sprint Review Pivot or Persevere Decision
On-Site Customer « Get Out Of The Building »
User Story Hypothesis
Backlog « To Learn » List
Definition of Done Validated Learning
Red-Green-Refactor Learn-Measure-Build
Customer Feedback Customer Validation
Acceptance Test Split Test
Velocity AARRR
Mock Object Feature Fake
Continuous Integration Continuous Deployment
Certified Scrum Master Customer Success Manager

 

Est-ce que vous pensez que ce genre de modèle peut réussir ici au Québec ?

Est-ce qu’il y a vraiment des entrepreneurs un peu partout ici ou c’est seulement réservé à nos voisins du sud ?

Est-ce que vous connaissez des exemples de compagnies d’ici qui ont appliqué ce modèle ?

 

Références:

Last Responsible Moment

old boatTrès bon article illustré sur le concept du « Last Responsible Moment », qui est décrit dans le »Lean Software Development« , et comment on le calcule:

http://www.agilejournal.com/content/view/904/33/

Voici en résumé les étapes:

  1. Identifier l’échéance ou le « deadline »
  2. Identifier les différentes options et quand chacune expirera.
  3. Attendre pour voir quelle option utiliser. Ne pas décider en avance.